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samedi 24 novembre 2012

Génération Goldman... tout le monde chante Jean-Jacques !

Cela fait déjà quelques semaines que le projet de MyMajorCompany de réunir de jeunes artistes d'aujourd'hui pour chanter les chansons de Jean-Jacques Goldman a été présenté, et ce Génération Goldman avait été annoncé par la sortie single du duo de M.Pokora et Tal sur Envole-moi, mais c'est lundi dernier qu'est enfin l'album complet, regroupant 18 artistes sur 14 chansons, que dis-je, tubes de notre J.J.Goldman national, véritable phénomène de la chanson française et premier réceptionnaire de la SACEM à mon avis. J'ai patienté jusqu'à aujourd'hui faire mes courses à mon hyper habituel pour en acheter le CD, fournissant un livret complet avec paroles et crédits, et en inconditionnel du chanteur, c'était un album qu'il me fallait évidemment posséder dans ma discothèque. Après quelques écoutes, il me reste cependant un goût mitigé dans les oreilles : je ne parle pas des chansons, évidemment, mais du parti-pris du label de faire plus que de raison cohabiter plusieurs chanteurs autour du micro ; il en ressort une impression de convivialité et de partage universel et intergénérationnel de la musique de l'auteur/compositeur, mais aussi moins de force dans certaines interprétations qui auraient gagnées à se voir offrir en version solo, je trouve. Pas de quoi regretter mon achat cependant et je compte bien vous en livrer un léger aperçu pour vous donner envie à vous aussi de vous offrir cette belle compilation.


L'album commence par le premier single extrait, Envole-moi, porté donc par le french entertainer numéro 1 M.Pokora, en duo avec la jeune Tal. Réalisé par les Trak Invaders comme toute la première partie du CD, la chanson de 1984 se voit ré-orchestrée en tube électro/pop actuel et va permettre à faire découvrir la patte Jean-Jacques Goldman à toute une nouvelle génération d'ados pour qui le répertoire du chanteur appartient avant tout à leurs parents. Les voix des deux chanteurs se mélangent bien et c'est un parfait teaser pour vendre l'album.
C'est ensuite au tour du méga-tube de 1985 co-écrit et interprété avec Michael Jones, Je te donne, déjà repris avec le succès que l'on connait en 1996 par le boysband Worlds Apart, de se voir repris par la chanteuse pop/R&B Leslie avec le groupe anglais Ivyrise représenté sur les photos par son chanteur Ben Falinski. Il démarre par des accords de piano réminiscents à al fois de Coldplay et du When love takes over de David Guetta et quand on sait le potentiel tubesque du titre, je ne prends pas trop de risque à imaginer qu'il puisse être choisi comme single suivant, d'autant qu'il lancerait parfaitement la promotion du prochain album du groupe anglais, signé par MyMajorCompany et qui ne s'est pour l'heure fait remarquer que par le single Line up the stars en duo franglais avec Dania Gio. Rien à dire, la rythmique est punchy et les accords rock'n'rollesques, les voix bien marriées : très bon makeover !
Mais c'est sur la collégiale qui suit, où l'on retrouve Amel Bent (magnifique sur l'intro !), Zaz, Corneille, Christophe Willem, Shy'M, M.Pokora, Tal, Marie Mai, Florent Mothe, Leslie, Judith et Ivyrise, soit quasiment tous les artistes chantant sur les autres plages de l'album, sur le touchant Famille. Et le choix de ce titre pour cet exercice digne du meilleur de la Star Academy est idéal car les paroles prennent tout leur sens interprétées tour à tour par cette nouvelle générations d'artistes qui se déclarent ainsi un lien intergénérationnel avec leurs aînés et leur maître à tous, Mister Jean-Jacques himself...
On reste dans un rythme downtempo et dans l'émotion pour la version de Shy'M de Veiller tard, somptueusement accompagnée de violons tendres et ça me fait penser à sa version du Nathalie de Bécaud interprétée dans cette même ambiance de douce magie un peu désuette sur l'album Libres de chanter pour Paroles de Femmes, loin, très loin de la pop/dance R&B habituelle de la chanteuse.
Corneille prolonge ce doux moment au coin du feu en reprenant en acoustique le Quand tu danses de 1997. Ce n'est pas un des titres de Jean-Jacques Goldman dont je raffole, je préfère sa période années 80 que 90, et cette version, portée par le magnifique timbre de voix du chanteur rwandais québécois, me fait finalement redécouvrir la chanson.
Retour aux tubes de platines de Goldman avec son intemporel Là-bas de 1987, interprété à l'origine avec Sirima, et qui est offert ici à Baptiste Giabiconi et à la chanteuse Star Académicienne québécoise Marie Mai. Difficile de faire mieux que l'original, et j'avoue ne pas être impressionné par cette version, surtout par l'interprétation du mannequin chanteur signé sur MyMajorCompany, dont la voix me semble un peu juste pour porter ce titre en particulier. La québécoise, elle, apporte la même fraîcheur que la chanteuse originale à ses parties, mais ne sauve pas ce duo que je ne vois pas sortir en single malgré l'intérêt du label pour la promotion de son artiste... En leur temps, Natasha St Pier et Florent Pagny s'étaient mieux débrouiller avec ce même titre !
Nouveau duo, mais forcé cette fois, sur Au bout de mes rêves, avec Emmanuel Moire, parfait pour ce titre je trouve, accouplé à Amandine Bourgeois et c'est l'exemple parfait de ce que je voulais dire en annonçant au début de ma chronique que certains titres se seraient mieux portés à être interprétés en solo... Rien à dire sur la voix rockailleuse de la chanteuse, mais face au timbre cristallin d'Emmanuel Moire, ça ne colle pas. J'aurais préféré voir mon Manu chanter seul cette chanson qui lui va comme un gant. Autre bémol, les arrangements un rien trop sucrés pour cette version somme toute pop/rock.
Heureusement, Christophe Willem suit en solo avec Je marche seul et comme d'habitude, la tortue déchire tout sur son passage, avec cette version punchy et très rock, réalisée elle aussi pourtant par les inconnus de Eau de Gammes. Le ton est résolument années 80 et la voix de Christophe est parfaite, mais le titre est trop court : 2'47 !
Nouveau collectif sur Il suffira d'un signe et là surtout, la mayonnaise ne prend pas : mélanger Merwan Rim, Dumè (qui?) et Baptiste Giabiconi, passe encore, mais avec Amaury Vassili et sa pop lyrique, c'est comme mettre du sel à la place du sucre dans un cupcake : c'est inmangeable, et dans ce cas, inécoutable ou presque ! Heureusement, ça ne dure que 3'19 et le titre habituellement allongé dans ses versions live par Goldman nous est offert en une version courte que je vais définitivement zapper.
Florent Mothe s'offre un bis repetita en duo avec la jeune chanteuse Judith sur On ira, autre titre récent du répertoire de Jean-Jacques (1997), et cette entraînante ballade passe agréablement, mais sans plus ; trop de guitares à la gratte pour moi sans doute, et encore une fois, pas un titre de son répertoire à figurer dans mes incontournables.
Mais le suivant, oui, et la nouvelle version de Comme toi par Amel Bent, superbe d'émotions à fleur de peau en simple piano/voix. Le timbre de la chanteuse apporte un plus indéniable au tube de 1982 et à son texte fort. Son interprétation poussée jusqu'à la déchirure ne peut que vous donner la chair de poule, voir les larmes aux yeux, et c'est heureux que la chanteuse se soit vue offrir cette reprise seule. A elle seule, cette version mérite d'acheter l'album !
Pas l'indifférence, titre moins connu qui date de 1981 sur le premier album Démodé, enchaîne avec la voix fêlée de Zaz qui, si je n'aime pas vraiment son univers, chante magnifiquement bien ce texte. Là encore, c'est un beau moment d'émotion.
Autre chanson d'album moins connue pour un nouveau titre Il y a ensoleillé par la voix de Christophe Willem, et nouveau duo avec Zaho, après leur collaboration sur son dernier album. C'est un troisième titre qui prolonge l'ambiance intime de cette fin d'album. Cordes et guitare enveloppent leur duo de voix pour un petit moment magique de plus.
Enfin, bien que non annoncé au revers du CD, un quatorzième titre bonus s'invite dans nos enceintes, et l'on retrouve à nouveau Zaz, en duo cette fois avec la chanteuse camerounaise Irma et autre signature du label, pour une version medley de Puisque tu pars avec sa version anglaise chantée à l'origine par Celine DionLet's talk about love. Très acoustique, leur version peine à démarrer mais clôt l'album comme il semblait devoir se finir : calmement, posément, presque religieusement comme une soirée entre amis sur le canapé, mollement alanguis dans les coussins, têtes renversées en arrière un peu saoûles des verres vides encore sur la table basse, où seule la musique s'échappant de la chaîne hi-fi semble continuer à animer la pièce éclairée d'une bougie vacillante près de s'éteindre...

Alors, oui, il manque forcément certains de nos titres préférés de Goldman à chacun, oui, certaines versions sont un peu moins réussies que l'ensemble, mais ce projet co-produit par M6 et le label co-créé par le fils de Jean-Jacques, Michael Goldman, doit être reconnu pour ce qu'il est, un hommage de générations entières à un chanteur qui n'a pas toujours été soutenu par les critiques, mais toujours par le public. Et en cela, ce nouveau CD mérite de figurer aux côtés des albums de l'interprète original.

dimanche 11 décembre 2011

match d'ex de M6 : Chimène Badi vs Amel Bent pour Noël

Au programme aujourd'hui, un nouveau duel d'album d'ex candidates d'émissions musicales de M6, Chimène Badi contre Amel Bent, toutes deux dans les bacs en cette fin d'année avec leur nouvel album, Gospel & Soul et Délit mineur respectivement.
Si j'ai souvent été plus proche de la bonne variété française de la première, sans compter sa voix incroyable qui m'avait fait vibré dès ses premières auditions de Popstar alors qu'elle n'était qu'une petite ado encore boulotte et boutonneuse, et moins dans le feeling plus street/R&B de la seconde, la voix délicieusement cassée de cette dernière et sa personnalité plus qu'attachante m'ont toujours fait acheté ses albums autant que ceux de Chimène. Leurs maisons de disques Universal et Sony jouent la carte de la sortie d'avant Noël pour les deux chanteuses cette année avec la sortie à une semaine d'écart du cinquième album de Chimène (depuis le précédent, il faut oublier son patronyme et s'en tenir à son simple prénom...) et du quatrième d'Amel Bent. J'avoue cette fois avoir été plus heureusement surpris par la pop soul sucrée de la belle (et amaincie) Amel que par les reprises soul/gospel un peu saoûlantes de Chimène.

Son dernier album de pop/soul un peu jazzie et moins variété grand public m'avait déjà moins plu, même si je le trouvais très beau, et ses ventes ont montré que je n'avais pas été le seul à bouder quelque peu le nouvel univers plus classieux de Laisse les dire. C'est donc le concept moins risqué d'album de reprises qui a été choisi par sa maison de disques, après une première tentative en studio justement avant ce quatrième album... C'est un mix de reprises de chansons soul américaines avec choeurs gospel et de titres français chanté à la façon de avec le même esprit soul qui a terminé sa course en gravure CD et j'avoue que pour moi, même si Chimène s'est peut-être fait plaisir en choisissant certains titres, c'est ce choix de titres qui pêche et fait manquer sa cible à son album, dans mon coeur en tout cas ; pas assez de chansons connues ou que j'aime pour m'emporter avec elle cette fois... Bien sûr, il y a ce très beau duo avec Billy Paul, égal à lui-même, sur Ain't no mountain high enough, mais j'adore la chanson de toute manière, et aussi le magnifique et intemporel Tu planes sur moi des Native, de 1993 et donc un peu hors contexte, mais qui contre-balance plaisamment des titres plus obscurs pour le béotien que je suis en hymnes gospels. Bien sûr, il y a quand même Amazing grace inclus en fin de CD pile à l'heure pour le réveillon et la messe de minuit, mais tout ça ne résonne pas dans mes oreilles hélas, bien que musicalement, l'orchestration et les arrangements (parfois très très rétro, ce qui du coup sied à merveille à la pochette très revival !), la voix toujours aussi chaude et puissante de Chimène comme les choeurs gospel, tout sonne bien et bien fait. Et puis d'abord, je n'ai jamais aimé Parlez-moi de lui donc ça n'était pas super vendeur comme premier extrait pour mes goûts, et peut-être pas que les miens puisque le duo avec Billy Paul plus fédérateur sans doute a vite pris la suite en promo pour forcer l'album au pied du sapin. L'album se termine ausi par un très beau Try a little tenderness mais on sent que le but n'était pas de concurrencer Seal et ses albums Soul et Soul 2 avec des titres vu et revus. Malgré tout, ce n'était simplement pas un album pour moi...

De l'autre côté, Amel Bent et son Délit mineur, même si la pochette plus cheap (et un livret n'incluant les textes que de 5 des 12 titres...!) avec son concept de suspect en ligne (c'est rigolo quand même) et son lettrage orange fluo (berk!) ne me faisait pas trop envie, a été une meilleure surprise : douze titres, un de Jean-Jacques Goldman, un de Maxime Le Forestier, plusieurs écrits par Amel elle-même et un premier single, Je reste, écrit par Benoît Poher (de Kyo). Une bonne ambiance pop/R&B avec sa voix toujours soul, avec un bon mélange de titres uptempos et de ballades, et cette fois, ce sont plus les morceaux rythmés qui m'ont envahi les oreilles quand d'habitude c'étaient ses ballades que je trouvais mortelles ! C'est bien, elle se renouvelle :)
Déjà, l'album s'ouvre par le très addictif (et prochain single obligatoire!) Délit et son refrain qui se mémorise immédiatement ("Je suis comme prisonnière perdue dans cet univers...") avec du piano bien présent comme je les aime et une rythmique appuyée mélangée à des riffs de guitares qui lui confère finalement un son plus pop/rock que R&B ; seule la voix d'Amel l'enracine dans son univers habituel. Je reste, le single marquant son retour, est lui un plaisant mid-tempo à la rythmique un peu syncopée où Amel s'éclate en vocalises ad-lib, mais ce n'est pas le titre que j'aurais choisi comme premier single... Les chansons tristes, au contraire, aurait fait un génial retour en fanfare, avec ses paroles clin d'oeil à son premier tube Ma philosophie et ses arrangements funky en diable, façon Earth Wind & Fire live. J'aime aussi beaucoup son Il marche, des compères habituels de Christophe Willem, Olivier Schulteis / Jean-Pierre Pilot / William Rousseau, qui est bien porteur aussi, avec sa rythmique presque militaire et ses paroles d'Amel elle-même qui se noient dans son flow soufflé sur le refrain ; pas assez puissant cependant pour sortir en single, je le crains. Son duo avec sa soeur (Melissa Moon), Tu fermes les yeux, n'a pas ce problème, puisque le refrain est très accrocheur et, avec une agréable mélodie et une bonne rythmique, ce nouveau titre uptempo a tout ce qu'il faut pour vendre l'album en radio.
Côté ballades, Toi, dont les paroles ornent le livret et paraît donc un choix possible de single je suppose, reste bien fade comparée aux titres précédents. A quoi tu penses, écrit et composé par les mêmes François Welgryn & Jérôme Sebag, est une ballade mélancolique qui a déjà plus de charme, avec ses violons sur le refrain, mais je ne le vois pas non plus sortir en single pour autant. Gageons que de toute manière, le featuring de Goldman, l'autre ballade très acoustique Si j'en crois, dont les paroles s'affichent sur papier glacé, est un single obligatoire, mais, dans l'esprit du titre S'il suffisait d'aimer, je lui trouve une mélodie vieillotte qui me fait penser à du Yves Duteil, et les arrangements sirupeux du break instrumental le font sonner sur la fin comme une musique de dessin animé de Disney... Je m'attendais à mieux de Jean-Jacques ! Non, vraiment, les chansons lentes de l'album sont en dessous de ce qu'elle nous offre d'habitude, à part peut-être C'est arrivé aujourd'hui qui a une belle mélodie enlevé que la voix d'Amel porte haut dans nos coeurs, et surtout Je me l'interdis, plus mid-tempo en fait, qui bénéficie là encore d'un très bon refrain mais où l'on retient l'accroche "j'ai besoin qu'on m'aime" qui aurait dû être le titre de la chanson à mon avis... L'album se termine avec une chanson quasiment a capella, Mineure de Maxime Le Forestier, et c'est une conclusion de moins de 3 minutes étrange pour cet album qui malgré tout laisse un bon goût dans la bouche.

Suivant vos goûts deux beaux albums donc à s'offrir ou à offrir pour cette fin d'année, un plus spé gospel avec quelques titres plus accessibles soul/pop, et un autre, street pop qui remue bien le popotin dans l'air du temps (sans se mixer à l'électro quand même, hein!) et soigne les bleus de l'âme avec la voix si mélancolique de son interprète.