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samedi 4 mai 2013

Florent Mothe, l'après Mozart l'opéra Rock, en chair et notes sur son premier album...

Cela faisait déjà quelques semaines que j'envisageais de poster à propos de Rock in chair, le premier album de Florent Mothe, mais je n'avais finalement jamais pris le temps ; alors que l'album d'Emmanuel Moire s'accapare mon lecteur mp3 et le remplace, il est temps de débriefer de ce premier opus de cet autre jeune talent de la chanson française qui s'est fait d'abord connaître du grand public sur la scène d'une comédie musicale à succès, Mozart l'Opéra Rock, en ce qui concerne Florent.

J'avais repéré son physique de brun télébreux comme sa voix capable d'atteindre comme celle Manu de vertigineux aigues sur L'assasymphonie qu'il interprétait en solo, ou encore sur Vivre à en crever que j'avais particulièrement aimé dans cette comédie musicale. Curieux, j'écoutais donc tout naturellement son premier single Je ne sais pas lorsqu'il fut dévoilé et bam! Gros coup de coeur pour sa mélodie, son refrain imparable et addictif et son style pop entrainante un peu anglosaxone. Je ne fus pas surpris de lire ensuite que les paroles étaient de Lionel Florence, qui depuis plus de quinze ans maintenant sait mieux que personne apporter de l'émotion à la chanson française. J'attendais la sortie de l'album avec plus encore de curiosité, apprenant de plus que le chanteur également compositeur travaillait avec son ami Ycare, en plus de Dove Attia et Vincent Baguian qui étaient les maîtres d'oeuvre principaux de Mozart.

Son duo avec Judith sur l'album Génération Goldman, On ira, m'avait fait patienté sans cesser de titiller ma curiosité aussi écoutais-je ce Rock in chair dès sa sortie. Même si le son était un peu plus pop/rock finalement que ma variété française habituelle, pour une poignée de titres excellent et un reste d'album de bonne facture, je décidais de m'acheter le CD (version deluxe digipack 14 titres) pour soutenir ce nouvel artiste et honorer ma discothèque d'un bon produit. Tout n'est pas aussi bon que le premier single bien sûr, enfin à mon goût en tout cas, mais cet album a le mérite d'être honnête, franc du collier et parfois même osé.

Pour preuve, déjà, il débute par une chanson écrite avec Ycare (signée de son vrai patronyme, Assane Attye) et qui se nomme Arrête. Il fallait oser, non? Comme si on pouvait dès le début du CD user de la touche STOP pour renoncer... Sur ce titre, la voix de Florent Mothe se fait rockailleuse, plaintive même, mais surtout lancinante pour cette supplique d'amour assez rock. La phrase titre du refrain se revèle sur la fin un peu trop répétitive au bout du compte, mais le sentiment que cela induit est justement le message recherché et ce titre est finalement choisi pour ouvrir l'album et nous faire entrer dans l'univers du chanteur, blindé de guitares tantôt mélancoliques, tantôt plus saturées.
Florent retrouve Dove Attia et Vincent Baguian sur le titre suivant, Love, et cette sautillante pop-song étincelle de mille feux beaucoup plus accessible et single potentiel pour moi. Le refrain porte le titre avec une mélodie bien enlevée et les paroles -en français- se retiennent bien. J'aime beaucoup !
Mais moins que la plage 3, puisqu'il s'agit du pur TUBE de l'album, le premier single Je ne sais pas composé par Elio, qui avait déjà écrit Le bien qui fait mal pour Mozart. Sa musique est hyper entraînante, les paroles coulent de source et se retiennent sans effort, et la voix de Florent qui monte et virevolte en rythme est charmante. "Je ne sais pas parler d'amour, je ne sais pas demander pardon..." Je ne peux m'empêcher de reprendre en choeur le refrain et après une seule écoute, il me reste en tête pour la journée, et ça, J'ACHETE!! Non, sans rire, ça, c'est la marque d'un morceau qui tient la route et défiera le temps. En plus, son clip est loufoque, interpelle en tout cas, et se fait remarquer ! La version acoustique du morceau, et elle aurait été la bienvenue en plages bonus de ce digipack, si vous voulez mon avis, ne manque pas non plus de charme, jouant la carte de la guitare acoustique/voix seules, et c'est bien là toute la différence entre Florent Mothe et Emmanuel Moire par exemple, puisque leur tessiture me fait les comparer l'un à l'autre, quand l'un s'appuie sur son piano, l'autre joue de sa guitare, et cette différence d'instrument fétiche explique l'ambiance bien différente de ces deux artistes révélés dans des comédies musicales de Dove Attia que j'avais voulu rapprocher.


Le titre suivant, Les blessures qui ne se voient pas, je l'avais repéré dans le tracklisting longtemps avant de l'entendre, mais je savais à n'en pas douter qu'il ne pouvait s'agir que de la  chanson qui portait le même titre de l'album Ma chance paru en 2011 du gagnant de la première saison du X Factor français, Sébastien Agius, et qui a intégré depuis le casting de la comédie musicale 1789, les Amants de la Bastille. Ecrite par Michel Jourdan et composée par Nicolas Luciani, ce titre était le petit bijou de cet album et je craignais de le voir repris. S'il m'a fallut quelques écoutes pour me faire aux arrangements plus rock et au tempo plus énervé de cette nouvelle version, j'avoue qu'aujourd'hui, je lui trouve finalement plus de mordant et que j'aimerais que cette version porte ce magnifique texte en single pour que tous les auditeurs aient la chance de l'entendre à la radio ; les paroles sont juste magnifiques ! Dans ma chronique de l'album de Sébastien, je me plaignais que sa version très soul/jazzy (d'inspiration Jonasz) était bien trop courte à moins de 3 minutes. Là, Florent semble m'avoir entendu puisqu'il l'a allongée à 3'22 :) Même si la tentation de sortir un titre qu'il aurait co-écrit d'abord pourrait être la plus forte, j'espère vraiment que ces blessures là sera le prochain extrait de l'album !



Ou alors, c'est que ce sera le cinquième titre qui aura été choisi, parce cette fois, c'est de la bombe, façon funky sexy en diable, avec un texte qui fait beaucoup parler de lui. En effet, Mes éléphants roses raconte l'addiction au porno sur internet en parallèle d'une vie catho bien rangée des voitures. J'ignore si Florent, qui co-signe le texte avec Vincent Baguian (il co-signe la musique avec Dove Attia, encore une fois duo gagnant après Love), s'est inspiré de sa vie perso ou s'il fait juste mouche de ce syndrôme de la société actuelle, mais c'est super bien écrit : les couplets font monter la pression jusqu'au refrain libérateur qui se vrille dans ma tête et s'y installe pour la semaine ! "Mes éléphants roses ont des petits culs sexy, j'me shoot à la souris, plus je mate, plus je me réjouis" où l'on entend presque Florent chanter plutôt "plus je meurs et jouis"... La rythmique est énervée et porte le morceau jusqu'à son terme, qui s'arrête net, comme une descente de pression après l'extase et la déconnexion su site YouPorn. A 2'55, c'est un peu court à mon goût quand même ; et j'entends presque Mireille Dumas en veste de cuir sexy lui demander en face à face :"Florent, parlez-moi franchement : est-ce que vous souffrez d'éjaculation précoce ?" Dernière impression sur ce titre qui me fait décidement bander le cerveau : sur certaines phrases, la voix de Florent Mothe, par ses intonations, me fait penser à Renaud Hantson, qui n'était pas le dernier à jouer des mots sur thématique un peu sexy aussi.
Dernier titre de la première partie de l'album, Alléluia (c'est la crise) est un autre titre écrit à 6 mains avec Dove et Baguian. Après une intro presque psychédélique, la batterie donne le tempo, rock énergique, et l'on sait que c'est un autre winner que l'on a dans les enceintes. J'en suis à cinq singles potentiel à suivre là... va bien falloir que ça s'arrête mais en attendant, on peut profiter de cet Alléluia aux paroles acides mais au refrain très enlevé et fédérateur. J'ai toujours eu envie qu'un single s'appelle "C'est la crise" et c'est presque là le cas, sauf qu'au final, c'est bien une chanson d'amour puisque Florent chante que "dans tes bras, je m'en moque"...

Je roule des pouces, à 49 secondes, ne représente pas grand intérêt à mes yeux, bien que cet interlude soit écrit et composé par Florent seul (royalties, merci!), sauf que son ambiance acoustique de bar enfumé jazzy nous fait basculer dans la seconde partie du CD, moins tubesque finalement, plus sombre, moins grand-public je trouve, et peut-être plus proche de ce que l'artiste veut aussi défendre ?
Retour du trio Attia/Baguian/Mothe pour la chanson Rocking chair qui a, par son jeu de mots, donné le titre à l'album. Bien que rock toujours dans le refrain énergique, je retrouve presque un peu de Christophe Maé dans les couplets, mais le texte assez rigolo et porté par des jeux de mots me laisse un peu de côté cette fois.
Tu m'effaces calme le tempo pour suivre, et on s'ennuie presque, jusqu'à ce que le refrain arrive et nous emporte ; il faut dire que sa mélodie est très prenante, au contraire de celle des couplets, mornes et tristes. Au final, cette opposition est intéressante et fait de ce titre d'album un bel essai, où la voix de Florent prend aussi de belles couleurs à la fin.
Retour d'Ycare pour co-écrire avec Florent Astérisque, où l'on nous joue la carte Gainsbourg pour un texte avec rimes en -ixe, -ex ou -oxe tout en s'appuyant sur le jeu de mots "à tes risques" (nouvel tacle vers les "films X" après Mes éléphants roses). Musicalement, c'est un mid-tempo poignant, presque une marche, dont la mélodie s'ensoleille par ses choeurs au refrain ; pas un single, mais un titre fort et solide où l'on sent l'artiste qui assume ses choix et défend ses envies et ses compositions sur CD.
Même ambiance un peu morose, entre deux eaux, pour Tant de lendemains, mais avec cette fois une guitare un peu trop lancinante pour moi sur le refrain, et des couplets qui se balladent agréablement mais ne portent pas ce morceau plus loin.
Et c'est déjà l'heure du dernier titre de la version standard de l'album, Open space circus (tais-toi et chante) qui démarre ambiance presque New Orleans puis retrouve un psychédélisme soixante-huitard, tant dans la musique que dans la thématique des paroles, et qui explose avec le refrain, très rétro, presque Big Bazar ! Energique, mais trop rock pour moi, et puis, ça rime à quoi de sous-titrer le titre qui se retient bien et lance le refrain par une simple phrase de couplet ?

Ma blonde et moi (Marilyn) est le premier des deux titres bonus du CD digipack et est en version acoustique guitares/voix, presque boeuf de studio avec l'un des compositeurs, Rodrigue Janois, autre star de la comédie musicale 1789. Dove Attia et Vincent Baguian signent les paroles tandis qu'Antoine Essertier complète la fine équipe à la compo. Amusant, sans plus... Cette chanson aurait mérité une version plus aboutie.
Second bonus à la guitare, par Florent seul cette fois, mais qui double/triple sa voix en choeurs, Bohemian rhapsody de Queen et j'avoue ne pas comprendre ; ce titre est un monument d'anthologie, tant pour les voix de Freddie Mercury que pour les arrangements luxuriants, et là, dans cette version dépouillée, enfin trop axée sur sa guitare électrique, je ne vois pas l'intérêt... A part qu'on voit bien qu'on a affaire à un chanteur et guitariste... Bon, en plus, j'avoue, je n'ai jamais pu encadrer cette chanson, trop psychédélique pour moi ! Florent Mothe n'aura donc pas réussi à me la faire apprécier...
Ultime bonus dispo en téléchargement via la plage OpenDisc de l'album, un troisième titre acoustique guitare/voix, Bye bye, et on sent plus encore l'effet démo de l'enregistrement, même si la chanson est plaisante, et à 2'25, là encore, ça fait un peu cadeau bonux cheap. Elle me laisse par contre aussi bien imaginer ce que ça pourrait donner sur scène et on sent que l'artiste y sera généreux face à son public pour défendre ses chansons, ses musiques, à la voix comme à la guitare, et c'est tout à son honneur.

En résumé, Rock in chair est un album qui mérite sa chance. Il est construit pour attirer l'oreille d'abord avec des titres imparables, puis lui faire découvrir sans doute autre chose de ce qu'il a en lui, plus de rock, plus de déconnade et de gouaille, et c'est là où j'ai un peu perdu pied, mais pour la première partie de l'album en tout cas, plus quelques autres titres de la deuxième partie, je sais que je le choisirai encore longtemps dans ma playlist. Et vous ?

dimanche 26 juin 2011

une triplette d'albums de real-TV française de M6

Alors que sort le premier album de la gagnante de la Nouvelle Star (Pop Idol) de l'année dernière, Luce (Brunet de son patronyme), je ne peux m'empêcher de publier en même temps mes commentaires sur les albums récemment sortis de deux autres camarades sortis des classes télé-crochet de M6 avant de parler de son album à elle.





D'abord, il y a le cas Sébastien Agius, vainqueur de la première saison française du X-Factor, dont la saison deux se terminera mardi prochain, alors que l'émission était retransmise sur W9. Ma Chance, son premier single paru l'année dernière m'avait conquis, avec son rythme entrainant façon Motown, et son premier album du même nom, que je n'ai trouvé que sur Internet et pas dans mon Carrefour, Fnac ou Virgin local malheureusement pour ses ventes qui vont s'en ressentir, forcément, est un bien bel objet discographique, dans la même veine Motown / soul / rhythm and blues à la française et à l'écoute de ses 12 titres, je pense à un jeune Michel Jonasz moderne à la voix moins agaçante... J'ai été très heureusement surpris par ce candidat qui, s'il chantait bien lors de l'émission, n'avait pas été mon coup de coeur...
Il est important de souligner d'abord que 11 titres sur les 12 sont écrits et/ou composés par le jeune interprète et, pour un gagnant de real-TV, c'est déjà un exploit ! Tout l'album a été réalisé par Franck Rougier pour Sony Music et le monsieur n'en est pas à son premier essai puisqu'il a travaillé avec One-T, Nâdiya, Clara Morgane, Julie Zenatti, Christophe Willem ou la série TV Chante! Il officie notamment sous le pseudo 6Mondini pour son travail plus électronique. Là, il n'en est pas question et tout l'album sonne live et acoustique, rythmé et jazzy, avec piano, cuivres et arrangements philly à volonté. Ma chance, le premier single, ouvre le bal et c'est le premier d'une longue série de compositions de L'Aura Marciano où Sébastien Agius pose un texte bien travaillé. Si tu veux de moi suit et c'est à coup sûr un autre single potentiel écrit par le même duo, avec un bon refrain efficace et bien enlevé, et des accords style Fender Rhodes bien marquants. Ce sont paroles et musiques que signe cette fois Sébastien pour le troisième titre au rythme effréné et refrain imparable. On ne peut s'empêcher d'entonner en choeur ce Grande dame vraiment réussi. C'est cette fois en anglais que le chanteur a écrit et composé le titre suivant, You live in my heart, et j'avoue que je le préfère en français finalement, même si son anglais, comme l'année dernière lors des primes, est irréprochable. Ce titre est aussi plus ralenti, mid-tempo au piano très soul et finalement saoulant, malheureusement, avec Sébastien Agius y faisant descendre sa voix dans des tonalités plus basses et ouateuses qui m'interpellent moins. A l'instar du deuxième single plus loin dans le CD, le titre suivant est co-écrit avec le duo Christine Roy et Christophe Emion sur une musique de Nicolas Luciani mais j'y retrouve la magic touch des premiers titres ; Faut que j'm'en aille, dont l'accroche principale du refrain est la phrase "et belle, et belle est ma vie", retrouve un rythme up-tempo avec cuivres riches et bonne mélodie. Jolie Julie, qui suit une nouvelle fois sur des paroles et musiques du talentueux Agius, garde cette atmosphère cuivrée mais dans un style plus jazzy et presque d'après-guerre. On s'imagine avec chapeau claque entre Mistinguette et Betty Boop en robe à paillettes aux genoux dans un club charleston de la capitale. Le bijou précieux de l'album est le titre suivant, Les blessures qui ne se voient pas, et c'est à nouveau sur une musique de Nicolas Luciani. Mais c'est la seule chanson de l'album où Sébastien Agius a cédé les paroles à un autre, Michel Jourdan, et pour cause, elles sont tellement magnifiques qu'il ne pouvait pas snobber cette ballade sirupeuse mais pas trop. C'est d'ailleurs sur ce titre que l'influence de Michel Jonasz m'est apparue comme une évidence... Seul reproche : à 2'58, ce titre est bien trop court, et j'en aurais bien écouter encore une minute ou deux ! La folie des grandeurs reprend un rythme Motown-esque soutenu et martelé sur les touches du piano. Titre efficace mais avec moins de potentiel que ceux ouvrant l'album pour une promo single en radio je pense. C'est d'ailleurs Je marche en moi qui a été choisi comme deuxième extrait et sa musique est je le reconnais diablement efficace et addictive. J'ai un peu de mal encore cependant avec les paroles du refrain, pas aussi rentre-dedans que sa mélodie. Nul doute que ça viendra à force d'écoute mais je ne suit pas sûr au final que les radios lui donnent sa chance. Je m'interroge d'ailleurs sur la cible radio/public de ce disque : même si moi, c'est un style musical un peu rétro qui me plaît bien, bizarrement, je doute que l'acheteur principal soit un jeune ou trentenaire. Ce ne sont donc pas NRJ ou Fun Radio qui play-listeront Sébastien ; plutôt Chérie FM, RTL ou Nostalgie, sauf que leur public n'était peut-être pas devant W9 l'année dernière... I don't want her voit le garçon se remettre à l'anglais, une nouvelle fois pour un mid-tempo soul un peu larmoyant qui, cette fois encore, me lasse et ne me paraissait pas nécessaire... Retour au français et à un piano plus rythmé avec L'ange passe, qui bénéficie comme à l'habitude maintenant sur cet album d'un refrain bien accrocheur où la voix de Sébastien part s'envoler bien haut sans passer en voix de tête. Et c'est en duo (avec Amy Keys, choriste pour Johnny ou Phil Collins par exemple) français/anglais que se termine l'album le temps d'un Danse encore rythmé et soul/jazzy à souhait.
Minus les deux titres en anglais, je n'ai donc rien trouvé à jeter dans cet album très cohérent et peu dispersé dans son style, ce qui pourrait lui jouer des tours puisque les chansons peuvent être qualifiées de redondantes les unes par rapport aux autres et qu'après un single Motown, il ne peut tenter un single R&B ou un troisième electro, l'album complet étant de la même veine. Mais c'est visiblement le style qui l'éclate et ça lui va plutôt très bien alors tout ce que j'espère, c'est qu'il y aura un public pour l'acheter et lui permettre d'en faire un autre comme ça !





Le second album issu des candidats des émissions musicales de M6 et qui me botte en ce moment, c'est Lumière noire, second opus du chanteur français d'origine libanaise né à Dakar Ycare, de son vrai nom Assane Attyé. Issu de la Nouvelle Star 2008, sixième saison qui avait vu Amandine Bourgeois l'emporter face à Benjamin Siksou, Ycare avait été mon chouchou jusqu'à son élimination mais son premier disque sorti en 2009, Au bord du monde, et son criard premier single Alison, m'avaient déçu. D'inspiration rock acoustique et d'humeur plutôt sombre, cet album manquait de l'originalité et la flamboyance que le jeune chanteur avait montrées lors des primes sur M6. Son nouveau single, Lap dance, m'a récemment donné un regain d'intérêt envers son travail et c'est avec curiosité que j'ai écouté son second album dès sa sortie. Une semaine après, j'en avais commandé le CD, trouvant nécessaire que ma discothèque l'ait en son sein. Bien que toujours plus pop/rock que la pop/dance que j'écoute habituellement, sa Lumière noire est finalement beaucoup moins sombre et plus enjouée, voire hallucinée, que son précédent essai, et il y a suffisamment de bons moments pour en faire un album à écouter et ré-écouter encore.
Je lui trouve quelques points communs avec l'album de Sébastien Agius, même si musicalement, ils sont totalement différents ; d'abord, on sent que Sony Music a laissé les artistes libres puisque là encore, le chanteur écrit et/ou compose tous les titres sauf un. Ensuite, le même budget a été alloué pour en faire un projet ambitieux et qualitatif, avec livret complet, photos, paroles, sur papier glacé. Enfin, le même duo Christine Roy / Christophe Emion y participe également le temps d'un titre, S.e.ex et je me dis qu'ils sont décidément dans les petits papiers de Sony :)
L'album commence par le seul titre auquel Ycare n'a pas participé à l'écriture, puisqu'il est signé par Mickael Furnon seul. Et c'est là encore un bijou que le chanteur ne pouvait non plus refuser : Schizophrène bénéficie de paroles engagées qui se retiennent bien sur une mélodie bien rythmée tubesque et des arrangements pop/rock teintés d'électro presque. PROCHAIN SINGLE OBLIGATOIRE ! Ou alors, il faut renvoyer le directeur artistique de Sony... On dirait bien que le leader de Mickey 3D a su à la perfection incarner dans cette chanson la flamme qu'Ycare avait su allumer sur M6. C'est une entrée en matière de CD qui ne peut que donner envie d'en continuer l'écoute !
C'est le premier single Lap dance qui suit et là encore, c'est un pur bijou incandescant (écrit et composé comme presque tous les titres de l'album par Ycare) : bonne rythmique, mélodie enlevée, refrain hyper efficace et thème un peu sulfureux, malheureusement non exploité par le clip, décevant bien que rigolo avec Ycare en prof d'aérobic entouré de filles aux Tshirts multicolores. Suit J'me fous d'Hélène, titre mélancolique qui me rappelle son premier album et que je laisse vite de côté pour enchaîner sur Une vie, titre intimiste qui démarre par quelques notes cristallines de piano (Jean-Yves D'Angelo, s'il vous plait!) et, comme Lap dance, réalisé par Volodia, contrairement au reste de l'album orchestré par Fréderick Rubens. Le texte de cette chanson voit Ycare dérouler sa vie à travers des périodes bornes, à cinq ans, à quinze ans, vingt ans, quarante et même soixante ans, avec des envolées un peu dingues et un petit clin d'oeil à ses anciens concurrents de M6 ("je crois que je suis un peu bourré mais bien moins qu'Amandine. Et on a paumé Benjamin, je crois qu'ils dégobillent tous les deux dans le jardin, et demain, il y a examen") Sont-ce des souvenirs des soirées d'avant prime à l'hôtel ou de la pure fiction ? C'est en tout cas rigolo et ce titre est une nouvelle fois tubesque, dans un style plus live que radiophonique sans doute mais il est très bon en tout cas. Idem pour son successeur, S.e.ex, réalisé et co-écrit par le duo dont je parlais précédemment ayant officié sur l'opus de Mr. Agius. Comme sur Schizophrène, la pop d'Ycare se pare d'un peu d'électro sur ce nouveau single potentiel aux paroles recherchées et au refrain qui se vrille tant et si bien dans le cerveau qu'on regrette qu'il n'est pas plus répété. Le canard rose suit, avec des loops un peu psychés et des choeurs de Géraldine 'Bouge!' Delacoux, et encore une fois, Ycare nous livre un texte assez provocateur. Dannii Minogue avait en son temps chanté les joies du vibromasseur (Vibe on sur Neon Nights), Ycare, lui préfère le canard en plastique vibrant des bains moussants et plaisirs solitaires de ces dames. Confession le voit revenir à moins de folie et plus de noirceur, façon confessionial blasphématoire. Sur Vite fait, il duette avec Zula (qui sait ça?) façon speed-dating musical qui ne manque pas de charme, avec sa rythmique binaire, la voix traînante (langoureuse?) de sa partenaire et sa mélodie entêtante. Rue princesse est plus funky, et a surtout un refrain à la mélodie rythmée qui part en vrille et me donne envie de sauter à pieds joints et tourner en rond en chantant en choeurs et à tue-tête (??!!). Si peur des effets indésirables, ne pas s'abstenir quand même, ce serait dommage ! Un peu plus loin de toi perd un peu de folie tout en gardant une bonne rythmique guitare pour le refrain ; pas tubesque mais pas chiant pour autant... L'Interlude à Christel, par contre, mériterait de disparaître d'un coup de touche NEXT, sauf qu'heureusement, à 35 secondes, on n'en a pas le temps et l'intro claviers de Le rideau bleu arrive à temps. Cette lente ritournelle mélancolique est cependant bien fade, si ce n'est pour la petite mélodie de l'intro qu'Ycare rejoue deci delà dans le morceau. Ça sent la fin d'album... Et c'est Les imbéciles heureux qui a la lourde tâche de terminer en acoustique guitare/voix ce bel album, sauf que je préfère décidément largement quand Ycare se fait feu-follet plutôt que braise. Mais il me reste 8 titres sur 12 (le 13ème ne dure qu'une demi-minute donc je l'efface !) à chérir et écouter en boucle, c'est déjà pas mal et beaucoup mieux que son premier album... J'aurais aimé un remix dance de Lap dance en bonus mais ça, c'est tout moi !





Et tout cela m'amène à Première phalange, le premier album de Luce, la gagnante de la dernière saison de la Nouvelle Star l'année dernière dont les interprétations fofolles ne m'avaient pas laissé indifférent. A noter que la pochette aux deux tours jumelles de plastique enflammées a créé la polémique et le buzz. Cette première phalange serait-elle celle du majeur de cette coquine décidée à nous la mettre bien profond dans la provocation ?
L'été noir, premier single et entrée en matière de son album, me fait penser musicalement à Sébastien Agius, avec sa rythmique au piano, et on y retrouve bien la Luce dont on se souvenait, racontant son histoire de sa voix rageuse ou caline, mais j'avoue ne pas avoir accroché. Manger du sable suit dans la même veine avant un interlude au piano intitulé La reine des moules, complètement barré. J'me fume, co-écrit avec Mathieu Boogaerts, calme le jeu et Luce s'y fait caline et tout en douceur, pour un résultat surtout soporifique. Le duo est plus inspiré pour le titre suivant Elise, où je retrouve sur un rythme plus sautillant un texte intéressant qui permet à Luce de nous raconter une histoire et de nous captiver comme lors de ses primes sur M6, mais à 2'40, cette histoire courte manque d'un peu de corps. La machine, en duo avec le rappeur Orelsan, continue dans cette lignée, sur un rythme enfiévré, avec Luce qui se raconte et s'interroge sur la médiatisation et la clusterisation ; single potentiel à mon avis. Happée coulée garde un rythme soutenu mais devient plus psyché-funky et c'est un titre de plus qui sauve l'album après son démarrage décevant. Luce reste provocante sur le texte de La fessée façon S&M et on la retrouve jouer de râles sexy, mais la musique de ce titre est trop lancinante, oscillant entre trip-hop et arrangements rétros, pour retenir mon attention. L'interlude suivant, La compote, nous fait écouter Luce donnant la recette de la compote de son papy en mode conversation avec une copine : Qu'est-ce qu'on a à BRANLER !!???! Parlant apparemment de sa mamy cette fois, La symphonie d'Alzheimer bénéficie d'un très beau texte mais d'arrangements très pauvres sur les couplets, peut-être pour fixer l'attention de l'écouteur sur les paroles. Au final, c'est un beau moment tendre et sensible, avec de bons mots et jeux de mots. Je n'aime simplement pas les effets de cuivres mexicains pour le refrain... J'aime la pluie et Mes tongs sont deux interludes, officieux puis officiel, de Philippe Katerine où Luce s'offre un doux délire, mais je ne vois pas l'intérêt de cette première chanson puis de ce sketch à la voix surjouée ! Apocalypse d'Orelsan heureusement revient nous réveiller avec ses couplets psychédélires et sa mélodie sautillante. L'association de la rousse rondelette et du rappeur est décidément celle que je préfère sur son album. Le bridge façon chants grégoriens passe bien et relance encore mieux sur la fin du morceau aux claviers entêtants façon Lio Amoureux solitaires. Luce se calme côté rythme sur Western spaghetti mais elle reste comédienne vocale pour interpréter le texte filant la métaphore entre couple en chiens de faïence et duel au revolver à la conquête de l'Ouest. C'est une guitare acoustique plaintive qui appelle à la conclusion de cet album, le temps de L'amour blême, et cette ballade un brin longuette (4'51) manque d'un poil de relief sonore, les arrangements étant focalisés sur cette guitare grattée et une petit rythmique aux percussions, comme une litanie, une berçeuse pour nous endormir avant la fin du CD... Une version alternative de J'me fume s'ajoute en bonus internet ce qui, je le crains, signifie que ce titre devrait sortir en single, quand je lui préfèrerais les deux titres d'Orelsan ou Elise...





En conclusion, je ne parlerai pas de déception parce que je m'attendais à ne pas me reconnaître dans le futur discographique de Luce : il était clair que son univers musical ne correspondrait pas au mien mais pour ce que je peux en apprécier, il me semble que son album est cependant bien inégal, avec des titres forts reflétant bien sa personalité et sa voix, et d'autres quasi soporifiques aux arrangements poussifs et minimalistes. Y'a pas photo, Sébastien et Ycare l'emportent haut la main en duel face à elle, Sébastien Agius remportant la palme de la cohésion artistique et de l'inspiration rétro bien digérée, et Ycare gagnant celle de faiseur de tubes potentiels. Et vous, qu'en pensez-vous ?