samedi 10 août 2013

les Pet Shop Boys reviennent déjà avec un 12ème album très Electric !

Elysium, leur album précédent, ne date que de Septembre 2012 mais les Pet Shop Boys sont déjà de retour avec un nouvel album, le douzième si l'on ne compte que les albums studio, et le bien-nommé Electric les voit s'offrir une nouvelle jeunesse sonore comme si le fait de quitter leur label de toujours Parlophone pour signer leur propre label x2 au sein de l'écurie Kobalt avait été une pure cure de jouvence pour Neil Tennant et Chris Lowe, le duo qui dépasse à eux deux maintenant les cent dix ans au compteur...

L'album commence par une longue plage qui pourrait passer pour un instrumental si cet Axis de 5'33 n'était entrecoupé de courts extraits parlés ("turn it on", "electric energy", "feel the power"). Proposé plus de deux mois avant sa sortie en vidéo et en téléchargement, ce prélude et donc premier single extrait aurait pu figurer sur Relentless, l'album électro quasi instrumental offert en version limitée de Very en 1993, mais les sonorités, quoique d'inspiration 90's, ne sonnent pas datées pour autant. La production de l'album a été entièrement prise en main par Stuart Price, à peine aidé sur certains titres par l'ingénieur du son de ces dernières décennies du duo, Pete Gleadall. Son titre, qui n'apparaît pas dans les paroles, qui elles donnent celui de l'album, semble plus représenter l'axe donné à tout l'album en dévoilant Axis en prologue aux fans. Très énergique, dansant mais peu grand public, ce premier extrait voit les Pet Shop Boys s'offrir une nouvelle jeunesse moins commerciale et plus underground pour les médias et critiques.


Une intro parlée en russe ouvre la chanson suivante, Bolshy, qui conserve un tempo et des arrangements électro/dance des années 90 ainsi qu'une durée supérieure aux versions radio habituel de moins de quatre minutes (5'44), mais c'est le cas de pratiquement toutes les plages de l'album, qui n'en compte que neuf. Ce titre alterne aussi loops acid et rythmique latino qui me fait penser à Domino dancing ou aux remixes latino/house de Harding & Curnow de l'époque. Le refrain très répétitif n'aide cependant pas à en faire un morceau exceptionnel, et je suis un peu déçu par ce début de CD.

Heureusement, Love is a bourgeois construct, basé sur un prélude du Roi Arthur de Henry Purcell, suit et je retrouve le sens mélodique et le phrasé pop de Neil sur cette véritable chanson au texte narratif qui enchaîne les couplets croisés avec le refrain et des choeurs qui rappellent ceux de Go west, le tout sur la boucle mélodique ascendante de Purcell qui se vrille dans votre cerveau et vous donne envie de siffloter en coeur. A 6'42, c'est la chanson la plus longue de l'album, et vu son potentiel, une version racourcie devrait voir le jour pour pouvoir en faire un single décent. On ne voit malgré tout pas passer le temps et elle se termine refrain vocal en avant presque a cappella : SUPERBE !

En quatrième position, on retrouve une plage plus électronique, Fluorescent, dont les arrangements de cordes/synthés ne sont pas sans me rappeler très fortement ceux de Fade to grey de Visage mais uniquement par moment. Autrement, le titre s'enroule et se déroule autour de courts couplets et d'un pré-refrain accrocheur ("brighter and brighter and brighter you burn...") avant un véritable refrain quasi instrumental ponctué par le mot titre et son double "incandescent". 6'17 qui à nouveau passe sans s'en rendre compte...

Inside a dream enchaîne avec une rythmique sourde et hypnotique qui se tricote et se détricote autour de choeurs étouffés à la voix comme ralentie et du couplet et l'effet est assez surprenant. C'est le refrain, qu'une mélodie crystaline au clavier accompagne, qui apporte de la légèreté au morceau, plus sombre tout en restant entraînant et groovy que le reste de l'album. C'est dans son propre écho qu'à 5'38 le titre se termine et encore une fois, le temps a passé vite.

L'intro de The last to die se fait plus légère et printannière et l'on fait face à un pur morceau pop de 4'13, dont le tempo s'accélère vite et voit une guitare électrique se joindre à la fête. C'est avec surprise que j'ai découvert que c'était une reprise de Bruce Springsteen (de l'album de 2007 Magic) ! Neil a toutefois pris la liberté d'altérer légèrement les paroles de la phrase clef du refrain, transformant "who'll be the last to die for a mistake?" en "...our mistakes?" pour plus impliquer les auditeurs. De plus, les choeurs ("la la la la") angéliques de Neil à mi-chanson la font presque paraître enfantine ou féérique, alors que le couplet suivant l'assombrit à nouveau et que la rythmique galopante et bien rock en effet nous attache au morceau au point de vouloir le voir devenir un single aussi. Ce sont ces mêmes "la la la" qui clôturent en beauté le morceau qui se doit -absolument- de figurer au rang de single de nos Pet Shop Boys préférés.

Une petite ligne de clavier fraîche et délicate commence le morceau suivant, Shouting in the evening, mais ça ne dure pas et une rythmique ronflante et sous acid prend vite sa place, couplée à des effets de voix samplée et torturée sur ordi. Pratiquement instrumental, ce titre de 3'36 se pare de quelques phrases chantées par Neil mais ce demeure à mes yeux sur cet album plus un interlude technoïde.

Thursday prend sa place très vite et son début me fait penser à West End girls avec sa rythmique électronique chaloupée. Inspiration revendiquée par Neil pour en faire je pense un futur single par "le groupe qui avait débuté avec ce tube dans les années 80". Chris s'offre aussi un gimmick parlé du refrain ("Thursday, friday, saturday, sunday") en réponse aux phrases fortes chantées par Neil, comme dans leurs anciens tubes. Invité sur cette belle pop song, le rappeur Elliott John Gleave, Example sous son nom d'artiste, confirme d'entrée de jeu cette hérédité en entonnant "Take that trip down Memory Lane..." et il y a fort à parier que sa présence aidera bien cet avant dernière plage de l'album à sortir en single, peut-être même sans besoin de l'éditer, elle ne fait que 5'03...


Et c'est déjà l'heure de refermer ce nouvel album avec Vocal, neuvième plage et nouvel extrait d'Electric en single, et ce nouveau titre marathon de 6'35 résonne comme le pendant d'Axis, ode à la musique de club, mais chantée cette fois : la rythmique est très appuyée, sautillante, les arrangements de synthés très coupants, et la mélodie vocale très entraînante, répétitive dans sa structure comme dans ses variations, sauf que le titre n'apparaît que dans la variation utilisée en intro et épilogue à la chanson, si bien que ce que l'on retient plus, c'est "it's in the music..." ou encore "this is my kind of music, they play it all night long" et pas "every track has a vocal ans that makes a change". Appeler ce titre Music lui aurait déjà donné plus de chance de devenir un tube que Vocal, mais les Pet Shop Boys veulent-ils encore faire un tube ?

A voir le profil atypique des 9 titres qui composent Electric, j'en doute. Pourtant, se lancer une nouvelle fois le défi d'un nouveau label quand leur précédent essai s'était soldé par un échec est plutôt osé et nécessiterait je pense des ventes doppées par un tube... Pour mémoire, leur premier label se nommait Spaghetti, et ils avaient sorti dessus les singles et l'album de l'écossais Cicero entre 1991 et 1993, ainsi que la bande originale du film The crying game avec Boy George et Anne Dudley. Cependant, jusqu'ici, ni Axis ni Vocal n'ont éclairé les charts anglais, pourtant ce dernier bénéficiait d'un remix edit radiophonique assez bien ficelé par le duo Wawa notamment. Thursday et The last to die sont pour moi les choix de single obligés pour reconquérir des ventes grand-public. Love is a bourgeois construct, quant à lui, s'adresserait plus aux fans et a peu de potentiel de crossover étendu malheureusement... L'avenir dira si j'ai vu juste. En tout cas, Electric s'écoute d'un bloc, sans être en rien monolithique, mais on sent surtout que c'est un projet mené de main de maître et de fan avant tout par Stuart Price, et que le duo lui a fait confiance pour ouvrir le bal de leur nouvelle carrière loin des nécessités de retour sur investissement peut-être d'une major comme l'était Parlophone/EMI.

2 commentaires:

  1. Stuart Price travaille actuellement avec les Boys sur leur 13ème album et j’en suis très heureux car j’ai adoré son remix pour le single de « Memory Of The Future » d’« Elysium » ainsi que son travail remarquable sur « Electric ».

    J’ai adoré « Axis » et c’est ce qui m’a poussé à me précipiter sur l’album « Electric » alors que j’avais attendu presque 1 an avant d’acheter « Elysium » tant les critiques le concernant m’avaient effrayé (et pourtant je suis fan).

    Moi aussi j’ai pensé à « Domino Dancing » que j’adore en écoutant « Bolshy » même si les paroles beaucoup plus nian-nian de ce titre ont empêché je pense sa sortie en single car la musique était vraiment top sinon.

    « Love Is A Bourgeois Construct » était un titre superbe et étonnant. Ma sœur pourtant fan des boys à leurs débuts (jusqu’à l’album « Behaviour » qui l’a dégoûté définitivement du groupe) n’aime pas ce titre, elle trouve que ça fait trop Rondo Veneziano (là-dessus elle n’a pas tout à fait tort) mais moi j’adore.

    Je suis étonnant par contre que « The Last To Die » ne soit pas sortie en single. Pas que je sois fou de ce morceau mais comme c’est le seul qui avait le minutage idéal pour sortir en single sans remix (tous les autres titres de l’album étant plus longs), j’avoue que je m’y attendais un peu.

    « Shouting… » avait un début génial, dommage que le reste ne suive pas. C’est raté. Dommage.

    Je pense que tu as tout à fait raison lorsque tu doutes que les PSB souhaitent encore faire des tubes. J’en doute aussi car les très bons titres dernièrement, soit ne sortent jamais en single, soit sont relégués en titres bonus ou en face-b (comme les formidables « The Ressurectionist » face-b de « I’m With Stupid » ou encore « A Face Like That » sur « Elysium » ou pour finir « Fugitive » sur le cd bonus de l’album « Fundamental ».


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  2. Visiblement leur propre label n'a pas non plus les reins assez solides pour fournir convenablement des stocks suffisant pour satisfaire les demandes de tous les fans du groupe.

    Je me souviens avoir tenté en vain d'obtenir le single de "Vocal" à maintes reprises auprès de leur site officiel et il était rapidement épuisé puis est devenu définitivement indisponible brisant ainsi ma collection car j'avais tous les autres singles de cet album. Il est aujourd'hui en vente à + de 20 euros sur ebay, mais j'ai ma fierté et il est hors de question que je paye un prix pareil pour l'avoir.

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