vendredi 4 novembre 2011

Michal de retour avec son nouveau (Self)Concept...

C'est en Juin 2009 en première partie du concert d'Ysa Ferrer au Bataclan que j'ai entendu pour la première fois Self Concept, enfin, je devrais dire découvert, puisque j'avais bien entendu déjà écouté plus d'une fois la voix de son interprète, Michal, mon chouchou de la Star Ac' 3.

Après son premier album De l'or et des poussières en 2004 et son second All alone with my gueule fin 2007 et avant qu'il ne se fasse jetter par Universal, j'étais tombé sous le charme du talentueux jeune polonais à la voix légèrement chuintante des primes de TF1, pour ses magnifiques interprétations piano/voix qui avaient éclairé les plateaux de la Star Academy, celle qui vit Elodie Frégé l'emporter, et partager son contrat d'un million d'euros avec son camarade Michal justement.
De son premier album, un peu pêle-mêle vite assemblé par Universal et lancé par l'affreux single rétro poulbot Tu mets de l'or, j'ai surtout retenu ses deux beaux duos avec Elo justement, J'ai murmuré va-t-en et Viens jusqu'à moi, la version studio de sa reprise de Mylène Farmer Ainsi soit-je de la Star Ac' et le second single promo et planant Deauville qui est mon titre préféré. Mais d'autres titres des 15 plages qui composaient ce CD valaient aussi plus qu'un écoute, telles que les deux compos personnelles qu'il avait réussi à placer, Refaire ma vie et Place des lilas, Je veux faire un rêve aussi, où je ne remarque qu'aujourd'hui qu'il y chantait déjà pouvoir "rencontrer Adam ou bien Eve", et enfin Ecrire, la magnifique chanson de fin écrite et composée par son compagnon d'alors.
Je passe sur l'inédit Mon tout, second single commercialisé l'année suivante, pour avouer que son deuxième album m'avait immédiatement plus plu que son premier, à commencer par son single All alone with your gueule. Il est vrai que ce second opus montrait Michal vraisemblablement libéré des conseillers artistiques post-Star Ac' d'Universal et qu'on sentait qu'il s'était lâché et avait plus offert de lui-même, en adoptant un son résolument plus rock, plus dance aussi, et en se parant des sonorités new wave qui l'avaient inspiré, tout en jouant toujours sur d'autres titres la carte de l'émotion douce et sensible. Dommage que Ça ou Quelle belle espérance par exemple n'aient eu le temps de conquérir les radios avant qu'Universal arrête les frais et rende à Michal son contrat. A la réalisation de cet album plus personnel, il est intéressant de noter qu'officiait déjà Pavle Kovacevic, aujourd'hui toujours complice de Michal et réalisateur de What's your name?, premier album du Michal ré-inventé en tant que Self Concept.

C'est donc live sur la scène du Bataclan que j'entendis pour la première fois les nouvelles compos new wave et en anglais du projet musical Self Concept. Si je fus quelque peu dérouté au premier titre, je retombais sous le charme du slave, même emplumé et caché derrières ses lunettes noires et jupon de cuir. A reprendre mes commentaires postés sur mon blog à l'époque, sa musique "moîte et collante" me mit comme "en transe" tel un "prêtre indien vaudou capturant ses victimes sonique avec une mélopée rythmée et sensuelle". Il me semblait alors qu'un temps d'adaptation était nécessaire avant que "mon coeur calque son rythme sur le beat deep et phatt" de sa musique. C'est toujours un peu vrai aujourd'hui à mon avis, l'univers visuel comme sonore de ce Self Concept demandant un investissement de l'auditeur pour se laisser embarquer ; on n'est pas dans l'électro/R&B à la mode Guetta, mais bien dans une électro-pop new wave du 21ème siècle tour à tour symphonique, suintante et provoquante.
J'avais téléchargé l'EP digital 5 titres éponyme sorti l'année dernière sur Emusic (http://www.emusic.com/listen/#/artist/Self-Concept-MP3-Download/12940644.html:) et avais -je l'avoue- surtout apprécié le single Too strange et son remix plus dance de Xavier Seulmand, tout en aimant pouvoir enfin écouter les titres découvert sur scène un an auparavant.

C'est aujourd'hui sur CD que je redécouvre ces cinq titres insérés dans ce premier album What's your name? qui vient de sortir (pour Halloween?) ce 31 Octobre, avec une superbe pochette où un Michal nu, chauve, tatoué, piercé et branché par le nombril nous fait un remake de Keanu Reeves version Matrix en phoetus sous moniteur robotisé ; J'ADORE !

L'album démarre par le nouveau single, l'envoutant et résolument dance You are the last, précédemment présenté sur son EP, et qui jouit d'un clip léché et à l'ambiance moîte et dérangeante convenant parfaitement au titre. Michal s'y expose "cherchant à trouver sa voie" et je me dis que ces sonorités électros d'inspiration new wave à la fois lancinantes et sexy, rebelles et attirantes, en font en effet un single vendeur potentiel de son nouveau (Self)Concept auprès du public.


Michal enchaîne avec le plus calme Don't say, qui bénéficie d'une structure couplets/refrains plus pop, avec un refrain plus enlevé et une bonne rythmique qui réveille le morceau, mais qui s'échappe à nouveau du trop consensuel avec son long break presque silencieux d'après premier refrain. Sur ce titre, l'anglais de Michal me déroute presque ; j'entends bien que ce n'est pas un anglais qui interprète ces lyrics, mais je ne peux pas dire non plus qu'il a un mauvais accent : cela me paraît juste un peu déroutant...
Heureusement, pour me remettre bien d'accord, c'est Too strange qui suit, et là, pour ce premier titre écrit paroles et musiques par Michal (enfin, Self Concept) seul, y'a rien à dire : couplets efficaces avec une bonne mélodie et une rythmique addictive inspirée d'Henri Belolo façon Village People (j'entends presque les "They want you, they want you, they want you as a new recruit" sur sa rythmique), mais surtout un refrain hyper accrocheur avec sonorités new wave à la Depeche Mode bien en avant... c'est peut-être un poil vintage, mais c'est diablement efficace ! Sauf que bien sûr, ça n'a pas trouvé sa place dans les playlistes de nos radios françaises... mais ça n'enlève rien à ce tubesque premier single !


I pray enchaîne avec une nouvelle plage plus calme et électro symphonique, quoique comme parasitée de sonorités industrielles noizy, comme une chemise empesée posée sur le couvre-lit, mais qui aurait des tâches de graisse sur le col et les manches... A 2'47, ce titre paraît surtout durer le temps d'un interlude car il se termine très vite et nous laisse découvrir un nouveau tube potentiel. Une nouvelle fois écrit et composé en solo, ce Sinner décline un peu plus dans ses paroles et son ambiance le thème du clip de You are the last. Michal s'y joue le voyeur pervert qui ne peut s'empêcher de décevoir et tromper son love. Bonne rythmique, refrain accrocheur, choeurs séduisants, thème appelant les images et format à 3'40 tout à fait radiophonique, ce "pécheur" ne peut qu'être le prochain single vendeur de l'album à mes yeux...
Suit le titre donnant son nom à l'album, What your name?, et si la partie "na na na na na na na" m'énerve plus qu'autre chose, d'autant qu'elle intervient dans les couplets plus parlés que chantés, le refrain récupère un peu ce choix auquel je n'adhère pas. Musicalement, les lyrics de ce refrain sont très bons, j'aime aussi beaucoup le couplet "You and your girlfriend were one. No place for me, no place for fun" qui me donne l'impression que l'histoire raconte une histoire à la Jules et Jim tronquée. Ce titre me paraît cependant manquer de potentiel pour défendre l'album en son propre nom.
Le titre suivant, Self-concept, est plus riche rythmiquement, très vintage encore dans une ambiance Depeche-Modesque très eighties, avec un refrain bien trouvé "I'll be your god in hell, you'll be the queen in my bed" qui continue avec l'ambiance un peu sulfureuse/backroom du concept. Michal continue à souffler le chaud et le froid le long de l'album cependant puisque le titre suivant No bliss redevient plus calme, plus sage, au début et en apparance du moins. En effet, les deux premiers couplets sont presques suaves et le refrain au beat très appuyé arrive comme une révolte, un dégoût musical finalement revendiqué dans le texte, par rapport à la situation de cet homme en couple qui joue sur plusieurs tableaux et cherche la rédemption ou la compassion, mais dont les mensonges rendent Michal malade donc... J'y lis comme une suite au thème déjà abordé dans What's your name? alors cette certaine redondance me laisse à penser que les paroles de son Self Concept doivent être pas mal autobiographiques...
Une intro électro lancinante ronronne pour démarrer un nouveau titre très réussi, bizarrement intitulé Ouou, sûrement du fait des choeurs susurrant vaguement des "Ouh Ouhouhouh Ouh Ouhouhouh..." en guise de refrain. Ses véritables paroles sont cependant "A miracle is physical" et la même rime s'étale tout le long de la chanson, à force d'erotical, cynical, chemical, etc. pour finir par le superbe "Nothing that filled my body was strange at all". Finalement, le seul truc moche de ce titre, c'est son titre... Ouou, ça ne veut pas dire grand chose ; par contre, il a un rythme dément, une allitération des paroles qui se vrille en boucle dans le cerveau, des choeurs bien mémorisables et si ça avait moi, je l'aurais appelé Physical, tout simplement, et ça collait assez avec l'esprit sexy de la chanson. Autre réussite, les phrases comme extraites de conversations de Michal venant sur la fin du morceau s'intercaler entre les choeurs et paroles, à la manière de commentaires sur film de voyage. Futur single ?
Retour du piano/voix que l'on connaissait bien de Michal en intro de I was supposed to be..., titre suivant et doux moment de calme, musical en tout cas, puisque côté lyrics, une nouvelle fois Michal expose son côté obscur, mais comme d'un regard extérieur, triste et mélancolique. Dans le refrain "I was supposed to be your only fantasy (...) now I'm holding the knife" je visualise un crime passionnel, et dans "this room is hiding a demon in my bed (...) I've already seen him on TV, now he's with me" je comprends que son amant est médiatisé. Une fois de plus, je ne peux m'empêcher de penser que ce Self Concept est tiré de son coeur, écrit à l'encre de son sang, de ses expériences... Cet album est un plongeon au creux de son intimité, comme si on partageait ses souvenirs, ses rêves, fantasmes et cauchemars, tous mélangés in électro-utero...
Follow me prolonge cette plage de calme musical, annonciateur de fin d'album souvent, avec de beaux arrangements symphoniques et une très belle mélodie, douce, paisible, plus que ne le sont cette fois encore les paroles, emplies d'amère quiétude post-jalousie/tromperie. Les choeurs et arrangements deviennent même presque Beatles-iens pour mes oreilles, finalement toujours très old-school, et angéliques aussi, avec des choeurs aériens nimbant les délicates touches du piano égrénées par Michal. Le final me fait penser que peut-être ce Follow me et son "goodnight" est une fuite vers le bien-être de l'après-vie, vers cette sérénité de l'au-delà sans problèmes. Don't die enchaîne peut-être alors comme une réponse de l'être aimé, toutjours tout en douceur et à l'ambiance délicatement ouatée, pour combattre la mort et la maladie qui l'a emporté ("this monster took you away"). Cette ultime chanson dure à peine plus de 3' et bien que ce soit la dernière d'une trilogie de titres calmes et plus soporifiques, je trouve qu'elle s'arrête trop vite...

Mais ce n'est pas encore la fin ! Michal nous fait le plaisir de faire ressuciter la musique le temps de deux remixes (versions longues), d'abord de Too strange par People Theatre et le freak mix, puis You are the last, le dub mix de Xavier Seulmand dont j'avais téléchargé la version single du premier single. Ambiance discothèque électro/new wave pour cette fin de CD qui me fait soudain penser que je n'ai même pas évoqué le fait que cet album soit sorti sur le label d'Ysa Ferrer, Lovarium Productions, et que Self Concept semble partager son manager Mykeul M., en plus de des deux remixeurs choisis qui ont travaillé sur plusieurs titres d'Ysa déjà. Ce n'est donc pas un hasard s'il avait fait sa première partie il y a déjà deux ans et demi... Notons un renvoi d'ascenseur au Divan du Monde le 12 Novembre avec un duo avec Ysa sur scène pour son concert évènement célébrant la sortie de son album.

En conclusion, Self Concept est bien éloigné du Michal que l'on connaissait, déjà par la langue anglaise plutôt que française, puis par l'ambiance, résolument underground et sans concession grand public, et même si ça n'a plus rien à voir avec Deauville ou Viens jusqu'à moi, on retrouve tout de même les inspirations new wave déjà bien présentes sur All alone with my gueule. C'est finalement donc plus une progression, un aboutissement, comme une plongée au coeur de lui-même, du Michal qui est devenu un homme, avec ses aspirations et ses inspirations, anciennes et nouvelles, qui demeure un beau travail, un beau voyage, mais qui ne se fait pas sans effort, comme une plongée dans un club moîte et surpeuplé, où l'on ne sait pas qui l'on va rencontrer, mais dont la musique vous ennivre et vous libère, et dont l'on ressortira nimbé de sueur, libéré d'un poids, mais fatigué et avec des courbatures dans les muscles à force d'avoir trop dansé en transe.


4 commentaires:

  1. merci pour ce long article d'une personne intéressée par la musique de Self Concept et intéressant dans ses propos. j'ai donné le lien de votre blog sur le site facebook off pour qu'il soit lu par plus de personnes qui aiment cette musique

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  2. Tant de choses justes et compréhension grâce à vos mots de l'univers de WHAT'YOUR NAME que l'on percevait déjà avec son explication de FOLLOW ME Superbe album , superbe musique !

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  3. interview video sur Ptitblog :
    http://www.ptitblog.net/Self-Concept/interview-6267.html

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