samedi 12 mai 2012

SMASH : Quand la recette de Glee se décline pour adultes...

Alors que l'épisode final de la première saison de la série SMASH sera dévoilée lundi prochain 14 Mai aux Etats Unis et qu'une diffusion française n'est pas encore une actualité, bien que TF1 ait apparemment acquis les droits, je me dis qu'il est temps de dire tout le bien que je pense de cette nouvelle série co-produite par Steven Spielberg, et que beaucoup ont comparé à la série musicale pour ados et à succès GLEE.
L'idée de cette série ne date apparemment pas d'hier, mais son développement a pu se faire une fois que l'un de ses concepteurs soit passé de la chaîne cablée Showtime au géant NBC, et que les moyens s'en sont donc trouvés élargis, de même que les soutiens financiers vu le succès phénoménal aux States qu'avait alors la série musicale GLEE. L'idée de base de SMASH est de suivre l'histoire du montage d'une comédie musicale à Broadway sur la vie de Marilyn Monroe. Le concept de Steven Spielberg était même de monter vraiment ce show sur Broadway après la série, et je pense que les chansons et la mise en scène de ce show sont en effet prêts à être mis sur les planches un jour, à la vue de ce qui est montré dans la série.
C'est le réputé couple d'auteur/compositeur Marc Shaiman & Scott Wittman (Hairspray, par exemple, c'était eux) qui a été choisi pour écrire la comédie musicale sur Marilyn et qui se décline en chansons et scènes dansées tout au long de la série. Et si SMASH se trouve souvent comparé à GLEE et se dit d'en être une version "pour adultes", l'une des différences notables est justement que SMASH s'appuie avant tout sur une musicale originale écrite pour l'occasion, là où dans GLEE, les comédiens interprètent principalement des reprises de titres connus (tubes du moment, chansons de toujours et titres issus de comédies musicales), même si une poignée de chansons spéciales ont été écrites malgré tout pour le show.
Là où le concept s'inspire largement du succès de la série de la FOX, c'est que certains titres dévoilés dans chaque épisode sont mis à disposition du public sur iTunes pour être téléchargés légalement, et qu'un premier album, The music of SMASH, vient d'être publié. Et pour attirer les achats du public plus encore, les interprètes de SMASH reprennent également des chansons connues dans chaque épisode, pour plaire au plus grand nombre, plus en tout cas qu'avec les chansons originales écrites pour le show et qui sonnent vraiment parfois un peu trop "made in Broadway", soit quelques peu vieux jeu ou rétro, mais ce qui est normal vu que l'action se passe au temps de Marilyn...
Une fois débarrassé de cette ombre d'inspiration GLEE, que reste-t-il de SMASH ?

D'abord une histoire pleine de rebondissements ; monter un nouveau show sur Broadway, en trouvant les chanteurs, les danseurs, un metteur en scène, chorégraphe, financements et le public n'étant visiblement pas une mince affaire. D'autant que les scénaristes ont corsé le tout par des querelles de producteurs, rivalités et jalousie entre prétendantes au rôle titre de Marilyn, ainsi que des intrigues amoureuses autour des personnages principaux, comme dans toute bonne série télé.
Et j'en arrive au casting, qui a su faire porter cette nouvelle série par des comédiens de talent.
D'abord, il y a la star de cinéma Anjelica Huston, qui interprète Eileen Rand, la productrice de la comédie musicale Marilyn (retitrée plus tard Bombshell), récemment divorcée et confrontée aux difficultées nouvelles pour elles de soutenir un projet auquel elle croit sans le soutien financier de son ex-mari et des autres requins du milieu. Elle bénéficiera plus tard dans la saison d'une développement amoureux avec un tenancier de bar, sexy quadra chevelu, grace à qui elle retrouve la passion due son métier et les bonheurs simples de la vie. Si son rôle n'est pas musical au départ, Anjelica aura droit quand même à sa chanson, dans l'avant-dernier épisode de la première saison (qui en compte 15), où elle interprète September song, d'une comédie musicale, accompagnée d'un pianiste dans un bar.

Autre star de la série, Debra Missing, que la France connaît surtout pour son rôle titre dans la série Will & Grace, et qui interprète la parolière du duo d'auteur/compositeur qui décide de s'inspirer de Marilyn Monroe pour monter un nouveau projet de comédie musicale. Son rôle de Julia Houston est celui d'une mère de famille qui tente d'allier sa vie professionnelle prenante et son rôle de mère et d'épouse, en plein milieu d'une procédure d'adoption également. Mais l'on découvre au fil de la saison qu'elle cache dans son placard secret une liaison passionnée avec un chanteur de Broadway, Michael Swift, avec qui elle a travaillé par le passé, et qui se trouve engagé pour interpréter Joe DiMaggio dans Marilyn. Son interprète, Will Chase, est un comédien habitué de Broadway justement, mais c'est évidement plus en duo avec celle qui interprète Marilyn qu'il duette en chanson dans SMASH, même s'il a de beaux moments solos aussi, dont je retiendrais surtout sa version power-rock du Grenade de Bruno Mars. Bien sûr, le retour dans sa vie de son ex-amant rendra difficile le travail de la parolière et sa vie de couple en sera menacée. Ce sera l'occasion pour la série d'aborder aussi les relations mère/fils, à l'occasion d'une incartade "fumette" de son fils à l'écran, ou lors de sa fugue.
Son partenaire d'écriture, le compositeur gay Tom Levitt, est interprété par Christian Borle, un autre acteur qui a brûlé les planches de Broadway aussi. Si on le voit souvent au piano pour jouer "ses" compositions, il a droit à un splendide numéro lors des répétitions, où il remplace au pied levé le chanteur jouant le manager de Marilyn, pour un superbe numéro chorégraphié et comique sur Don't say yes until I finish talking, écrit par Shaiman/Wittman. Lui aussi a droit à ses amourettes dans le scénario, qui lui fait même la part belle, puisque, outre sa relation chaste avec sa partenaire d'écriture de toujours, on le voit tenter l'aventure avec un séduisant avocat républicain, puis tomber sous le charmeur d'un des danseurs blacks du show. Là aussi, on peut voir une similitude d'exposition de personnages gays avec GLEE, mais évidemment, les relations sont plus adultes, et du coup, plus osées aussi ; en effet, on voit Tom et son avocat nus sous les draps, même si ce n'est qu'après l'action... et Tom bisouille ses amants à tout va sur les lèvres, ce qui, il faut bien l'avouer, est encore rare sur nos écrans cathodiques "très hétéros".

Un autre élément de l'histoire le concernant est son antipathie pour le réalisateur choisi par la productrice pour mettre en scène et chorégraphier le show, Derek Wills, interprété par le sexy Jack Davenport. Rustre, cynique, tyrannique mais aussi et avant tout sexy, ce personnage est un rôle pivot de l'histoire, puisqu'en plus de jouer les méchants avec le couple d'auteur/compositeur ou les chanteuses/danseuses, il joue à merveille le prêt à tout pour arriver à ses fins, coucher avec la fille du casting en tête, si bien que ses relations avec les chanteuses choisies tour à tour pour jouer Marilyn sont au coeur des intrigues amoureuses et de la jalousie qui naît entre les personnages. Bien que je ne me rappelle pas de lui, Jack Davenport est un acteur anglais connu ayant joué, entre autres, dans la série à succès Pirates des caraïbes ou dans la série TV FlashForward. De ce fait, casté comme acteur avant tout comme l'a été Debra Missing, il n'a pas eu droit (pour le moment) à se transformer en chanteur le temps d'une chanson, et je le regrette, même si peut-être cela vaut mieux pour nos oreilles ?
Et cela m'amène au rôle de Marilyn, que dès le premier épisode deux comédiennes se disputent, et c'est bien là tout l'objet de l'histoire de SMASH : la difficulté des castings, la guerre sans pitié que l'on peut se mener dans ce métier pour avoir un rôle, et malgré tout l'amitié qui peut se créer entre comédiens/danseurs... La première chanteuse en lice est Megan Hilty, une belle blonde aux formes généreuses qui semblait idéale pour le rôle et dont la carrière oscille entre comédies musicales comme Wicked ou 9 to 5 et rôles dans des séries "normales" américaines. Elle interprète le rôle de Ivy Linn, une chanteuse/danseuse de seconde zone de Broadway et amie de Tom Levitt, prête à tout pour réussir, même séduire le metteur en scène ou jouer de son petit pouvoir pour éliminer sa rivale. Rien à dire cependant sur la comédienne choisie ; elle est parfaite en sosie de Marilyn et elle a un coffre qui prouve s'il en était besoin que c'est une vraie chanteuse : elle interprète pas mal des chansons de la comédie musicale ainsi que des titres plus grand-public destinés à iTunes, tels Who are you de Jessie J ou Breakaway de Kelly Clarkson. C'est cependant avec son superbe et déchirant I'm goin' down (dont je connaissais la version de Mary J.Blige) qu'elle déchire tout ! C'est aussi à travers son personnage que la série va montrer les difficultés de ce métier et ses risques (drogues, alcool). On la découvre au milieu de la saison fille fragilisée d'une star de Broadway et ce sera l'occasion d'introduire en guest-star la "vraie" star de Broadway Bernadette Peters le temps d'une chanson et d'un drame mère/fille prenant.
Autre guest-star venue temps de quelques épisodes jouer Marilyn dans la série, c'est Uma Thurman, qui interprète une actrice star castée pour remplacer Ivy Linn et attirer des financeurs pour réussir à monter le show, et qui, dans le rôle de cette Rebecca Duvall, se révèle parfaite en star capricieuse et égocentrique qui fout la merde dans le show, doit prendre des cours de chants pour être capable d'aligner une note juste, fait ré-écrire le show pour qu'il y ait moins de chansons justement et plus de théatre, cherche à saboter les couples établis en s'attirant les flashs des photographes et les soins du metteur en scène. Si elle chante peu dans SMASH, Uma n'en est pas moins une Marilyn prenante et déchirante qui marque la série jusqu'à son départ qui laisse la fin de saison en pleines expectatives et relance la course entre Ivy et Karen pour le rôle titre.

Car la vraie chanteuse star de la série, c'est Katharine McPhee, jeune chanteuse révélée en 2006 par le télé-crochet American Idol (Nouvelle Star locale) et qui a publié trois albums depuis, sans toutefois atteindre le même succès que Kelly Clarkson, première gagnante du show quatre ans plus tôt. Son rôle dans SMASH est, je l'espère pour cette talentueuse chanteuse et comédienne, le gros tournant qui pourrait la faire révéler au grand public puisque son personnage de Karen Cartwright, jeune serveuse débarquée de l'Iowa et rêvant de devenir chanteuse, semble faire résonner le passé de son interprète dans le rôle et y apporte de la profondeur. Katharine McPhee est parfaite dans son jeu de jeune et pure aspirante comédienne (qui refuse de coucher avec le réalisateur par exemple, ou souffre du rejet des autres plus expérimentés à l'atelier de danse), mais est surtout sublimissime en tant que chanteuse. Auditionnée pour le rôle titre, son personnage est longtemps mis en balance avec celui d'Ivy, pour finalement perdre par son manque d'expérience mais est gardée en second couteau, qui devient doublure lorsque Rebecca Duvall vient accaparer les projecteurs et que Ivy pette un cable. C'est aussi en tant que doublure à l'essai que son personnage donne à Katharine un pur tube original à interpréter et qui est le seul à ne pas être écrit par le duo responsable du livret comme habituellement. La chanson s'appelle Touch me et a été écrite par le chanteur/producteur star américain Ryan Tedder, qui apparaît en guest-star dans l'épisode en question ("The coup"), comme une alternative à le direction que le show pourrait prendre, au grand dam de Tom & Julia. Ce Touch me, pop/dance tubesque dans les sons du moment, est en tout cas le titre promo utilisé pour lancer la sortie du CD The music of SAMSH (dont il fait l'ouverture en plage #1) dans les bacs, bénéficie de remixes pour les clubs et pourrait être la pierre fondatrice du prochain album solo de la belle. C'est mon souhait en tout cas !
Les autres moments de grace de Katharine McPhee au micro sont, par ordre d'apparition au cours de la saison, sa reprise de Christina Aguilera Beautiful lors des auditions, celle de Florence + The Machine Shake it out lors d'une bar mitzvah où elle chante, Run, la célèbre chanson du groupe Snow Patrol, ou encore Stand, chantée en duo gospel dans une église avec Leslie Odom, qui interprète Sam Strickland, le danseur black avec qui sort Tom Levitt. A son répertoire aussi, Call me de Blondie, It's a man's man's man's world de James BrownCheers (drink to that) de Rihanna en duo avec Megan Hilty, et moultes chansons originales partagées écrites pour SMASH par Marc Shaiman & Scott Wittman.
Son personnage, enfin, bénéficie également de son histoire d'amour, avec un anglais d'origine indienne travaillant à la mairie de New York, Dev Sundaram, interprété par l'acteur Raza Jaffrey, et ce dernier a droit à son moment musical d'exception, quand il chante A thousand and one night, en duo avec Katharine McPhee, et dans un tableau inspiré de Bollywood où tous les comédiens apparaissent à la mode indienne, et ont du bien s'amuser lors du tournage.
Pour rester sur la musique écrite par Shaiman/Wittman, comme je l'ai déjà écrit, certains titres sonnent par trop Broadway-esque, mais d'autres sont de pures merveilles, et ces temps forts apparaissent pour la plupart sur le CD, à savoir les deux duos Marilyn/DiMaggio, soit interprétés par Megan Hilty et Will Chase, History is made at night et Mr. & Mrs. Smith, ainsi que le titre phare Let me be your star censé ouvrir le show et proposé dans sa version duo Ivy/Karen sur l'album. Let's be bad est bien aussi, mais une fois que Megan la chante seule, après les choeurs de l'intro, et cette chanson me fait penser à Christina Aguilera période Back to basics, et cette dernière serait d'ailleurs parfaite à Broadway s'il fallait y monter le show avec un nom de star en tête d'affiche... Le reste des chansons s'insèrent parfaitement dans la musicologie de Broadway, que ce soit The 20th century fox mambo, The national pastime, Smash!, Second hand white baby grand, On Lexington & 52nd street, I never met a wolf who didn't love to howl ou Never give all my heart. Seule la première trouve néanmoins sa place sur le CD, pour ne pas en faire un album de comédie musicale. On y retrouve enfin la reprise de Michael Bublé Haven't met you yet, interprétée par Nick Jonas, des Jonas Brothers, qui fait une apparition dans le début de la saison comme un acteur enfant star.

Au final, une série d'aujourd'hui, pétillante et rétro à la fois, qui me rappelle la série Fame, par ses aspects répétitions, numéros de danse/chant, plus que GLEE, mais qui est avant tout une bonne série sur le milieu de la musique américaine de New York, thème jusqu'alors non utilisé par les séries américaines, et ça fait du bien de voir un peu de nouveauté ; ça change de l'habituelle série sur les flics ou à l'hôpital... Il me tarde donc de la voir débarquer en version française sur TF1 ; vivement !




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